- De ma vie à moi ?

Mais ma mère, quand ma mère, je suis née elle ne voulait pas de moi, non, elle en voulait pas, elle a voulu me faire mourir. Et c’est ma grand-mère qui arrive et qui dit « mais cette petite elle est malade elle n’a pas mangé ».
Et quelques temps après, ma mère c’était une femme infidèle, voila t’y pas que j’ai eu un petit frère qui est né, Michel, qu’il aurait aujourd’hui 65 ans et là, voilà t’y pas que ce petit frère est arrivé, et ma mère l’avait fait ailleurs.
Et elle a réussi à le faire mourir, j’étais petite moi, elle a fait périr mon petit frère, moi elle a pas réussi, je devais pas, mais lui, Michel il est partit, 18 mois qu’il avait ce garçon ou à peine.

Elle a eu une autre fille Jacqueline, et, cette fille elle l’avait fait faire par ailleurs, et alors là, papa est parti à la guerre, pendant 5 ans et on l’a pas vu pendant 5 ans.
Et là quand il est revenu de la guerre on le connaissait pas. Mais ma mère pendant ce temps elle avait bien profité de la vie, c’est moche ce que je te dis, mais avec les allemands.

J’ai été dégouté de la vie par ma mère. J’avais 8 ans ma soeur 3 ans on était enfermé pendant 2 semaines durant dans la maison, c’était les voisins qui nous passait du lait, et de quoi se nourrir puis, ma mère est arrivée un soir avec un allemand qui était en service là sur la nationale, on avait une grande pièce, là il y avait le lit de ma soeur et là celui de ma mère et moi. J’ai vu arrivé ce gars il s’est déshabillé devant moi, moi j’étais dans le lit, ça sa m’a marqué, il a sorti son révolver de sa botte et, il a mit son révolver sur la cheminé, j’ai eu peur, mais j’ai eu peur, après quoi il a couché avec ma mère, ils ont fait ce qu’il avait a faire, et moi, j’étais à côté, mais c’est se révolver qui m’a tant marqué ce revolver, mon dieu mon dieu, j’ai eu peur.

C’était un passage épouvantable pour moi.

Un jour mon père est venu me chercher:
Je me voyais sur le petit chemin pour aller chez parrain chercher des pommes de terre, et voila t’y pas la, il me dit «  où tu va là », je dis « je vais chez parrain chercher des pommes de terre » non tu viens avec moi, et là  j’ai dit «  ah non non non sinon maman va me battre », « Non elle ne te battra plus ».

Mais ma mère ne m’ayant pas aimée .. J’étais mal aimée battue, pas mangé, je couchais avec les rats, et j’ai vécu avec une pauvre vielle grand-mère.
Mais maintenant je me sens chez moi, j’ai un chez moi !
Parce que ma mère ne m’envoyait pas à l’école, des fois je vais te dire, je suis fière de moi avec le peu de chose que j’ai, parce que pas peu d’instructions, j’ai toujours su bien me  défendre, j’ai eu de la volonté.

J’ai passé de très mauvaises années après le départ d’Annette, il y a 28 ans de ça, mais je te dirais que je suis heureuse, en ce moment je suis un peu fatiguée.

- Et vous avez encore la gniac 

- Ah oui oui oui, et puis alors ce qui m’a remonté moi c’est ces jeunes, ces jeunes, j’aime la compagnie j’aime quand il y a du monde, je ne me vois pas vivre seul, on est pas fait pour vivre seul. Non, il ne faut vraiment pas.

- C’est marrant vous voyez, enfin marrant ..

- Oui oui ne t’inquiètes pas j’ai compris.

- Parfois je me plains de la vie, je suis triste, alors qu’au fond par rapport à vous, enfin ..

- Oui oui, non j’ai pas l’impression que tu sois triste.

- Vous avez pas un remède contre ça, qu’on se remette à notre place ?

- Quand j’a un moment de cafard je relis ce livre, oui oui. Oui …
Mais moi je te vois sur une bonne pente.
Mais sinon, il faut que tu sortes, avec des amis, il ne faut pas rester seul.
C’est pas bon, il faut pas rester dans la solitude, il ne faut pas. Et il y a des fois, je trouve, qu’il faut avoir un bon copain à qui tu fasses confiance, mais il ne faut pas raconter ses histoires à tout le monde. Il ne faut pas tout garder pour soit.
Tu es grand on peut parle de chose « importante ».
Le jour où tu auras une copine que tu aimeras bien et qu’elle t’aimera bien, et bien tu verras que ça changera quelque chose chez toi ! Ah ça oui !! Oh oui !! Vraiment !

- Comment avez-vous fait ?

- Mais j’ai voulu me suicider , je me suis jetée sous une voiture, mais non, c’est la force de caractère, et puis il y avait mon petit fils.Ma jeunesse étant pas belle du tout, après j’ai passé quelques années heureuses, mais je n’ai pas les mots, Mes grands loisirs à 15 16 ans c’était monter sur les manèges, ah ça oui !! Les bals aussi, j’aimais allé au bals. Je me rappelle quand on rentrait et que tout le monde avait bien fait la fête. Les garçons n’étaient plus en état de monter et donc c’est là qu’on se mettait dans la carriole et c’est les chevaux qui nous ramenaient (rire) ..
J’ai eu une jeunesse triste, sacrifié, mais j’ai eu un bon mari, j’ai eu beaucoup de chance, il était bon, tout comme ma fille.

- Ça me rappelle quelqu’un ..

- Oui mais moi je suis encore là, mais oui c’est ça qu’il faut voir vous êtes jeunot.




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